
Meilleurs voeux!


Certains volcanologues philippins pensent que la pleine lune (avec éclipse partielle en France le 31 décembre !) pourrait contribuer à déclencher un paroxysme éruptif du Mayon. En effet, certaines éruptions du passé se sont produites pendant la pleine lune, moment où la lune est proche de la terre (NDRL: ce qui est discutable!) et où son attraction gravitationnelle est la plus forte. Selon ces scientifiques, l’attraction pourrait faire sortir le magma du cratère.
D’autres volcanologues rétorquent que les éruptions du Mayon se déroulent le plus souvent pendant le mois de février, comme ce fut le cas en 1814. Le 1er février de cette année-là, des milliers de gens ont été tués quand des nuées ardentes ont enseveli la ville de Cagsawa.
Dans la colonne de gauche de mon blog, vous trouverez les résultats d’une étude que j’ai réalisée il y a quelques années sur l’influence possible de la pression atmosphérique sur l’activité strombolienne. Au cours de mes recherches, j’ai eu l’occasion de lire des articles scientifiques traitant de l’influence possible de la lune et de son attraction gravitationnelle sur l’activité volcanique. Aucune conclusion probante n’est vraiment sortie de ces recherches.
Source: The Manila Bulletin.
A l’heure des vœux, il faut souhaiter que la situation d’évacuation ne s’éternise pas au pied du Mayon. En effet, la surpopulation des camps fait craindre l’arrivée d’épidémies. Ainsi, l’école primaire de San Jose héberge 502 familles, soit 2288 personnes qui ne disposent que de cinq toilettes, ce qui est bien sûr très insuffisant. Cette situation est encore plus précaire dans les centres les plus éloignés. Dans certains endroits, l’approvisionnement en eau est très irrégulier et les réfugiés doivent récupérer l’eau directement à la pompe. A cela s’ajoute l’angoisse de ces gens qui s’inquiètent pour la sécurité de leurs habitations et de leurs animaux, tout en sachant que leurs récoltes ont été endommagées, voire détruites, par la cendre du volcan. Personne n’est en mesure de dire combien de temps durera l’évacuation. Depuis quelques jours, il semblerait que l’activité volcanique soit en déclin, mais l’édifice reste gonflé par le magma et on sait que, sur le Mayon, des phases de calme peuvent être suivies de violentes séquences explosives.
Les deux graphiques sous le texte montrent l’évolution du nombre de séismes volcaniques et des émissions de SO2 depuis le 20 décembre.
Il serait souhaitable aussi que les touristes cessent d’affluer par milliers pour assister au spectacle de la lave sur les flancs du volcan. On estime à 2400 le nombre moyen de badauds qui visitent quotidiennement la région et envahissent les hôtels, même les moins chers qui, à mon humble avis, auraient dû être réquisitionnés par les autorités pour héberger des réfugiés.
Comme d’habitude, le vrai problème est posé par les resquilleurs qui ne respectent pas la zone de sécurité de 8 km de rayon mise en place autour du Mayon. Les mesures de contrôle ont été renforcées lundi dernier après que deux touristes aient été surpris en train de rouler en 4×4 vers le volcan. Ensuite, ce sont les guides travaillant pour les agences de voyages locales qui ont été mis en cause. En cas d’éruption, les autorités affirment qu’ils auront une meilleure chance d’échapper au danger, mais qu’ils laisseront les touristes derrière eux.
De toute façon, il est quasiment impossible de mettre en place une interdiction d’accès parfaite à une zone volcanique. Même les Américains n’y sont pas parvenus à Hawaii où il est possible d’atteindre la zone active par des chemins détournés. Le tout est de ne pas se faire surprendre par les rangers…. !
Dans le cas présent, le Mayon est beaucoup plus sournois que le Kilauea où l’on voit venir de loin les coulées de lave. A l’inverse, le volcan philippin peut libérer des coulées pyroclastiques sans crier gare. Si des touristes se trouvent sur leur passage, c’est terminé pour eux ! Des volcanologues chevronnés en ont fait la triste expérience au Japon.
