L’odeur d’hydrogène sulfuré et les nombreux nuages de vapeur visibles dans les parcs de Rotorua et sur le bord du lac montrent que l’activité géothermale est très intense dans cette partie de la Nouvelle Zélande. Plusieurs sites méritent une visite, même si – à mon avis – leur beauté n’arrive pas à la hauteur des sources chaudes de Yellowstone. Ne boudons cependant pas notre plaisir ! Que ce soit à Hell’s Gate, Waimangu, Wai-O-Tapu ou, plus au sud, dans la Hidden Valley d’ Orakei Korako, on se régale en admirant les couleurs offertes par la palette de Dame Nature. S’agissant des geysers, ils sont peu nombreux et assez imprévisibles. Seul le « Lady Knox » se manifeste à heure fixe devant un amphithéâtre de spectateurs. Malheureusement, comme beaucoup de sportifs aujourd’hui, il est dopé, non pas à l’EPO, mais au savon qui lui fait éjecter un jet continu d’eau et de vapeur ! A noter que, tout près du geyser, on peut observer une mare de boue très photogénique.
(Photos dans l’album).
Jour : 13 mars 2009
Découverte de la Nouvelle Zélande (3)
J’avais réservé depuis fort longtemps l’hélicoptère pour White Island au départ de l’aéroport de Whakatane, en sachant que certains vols ne peuvent avoir lieu à cause de conditions météo défavorables, le vent pouvant souffler très fort dans la région. Alors que les vols de la veille avaient été annulés pour cette raison, le nôtre se déroula dans des conditions optimales, avec un ciel parfaitement bleu et as de vent. Les appareils sont prévus pour quatre personnes afin que tous les passagers puissent profiter du spectacle à travers des vitres à la propreté impeccable. Le survol de la mer permet d’apercevoir des bancs de dauphins, très nombreux le long des côtes néo-zélandaises. La découverte de White Island fut un grand moment, avec les teintes marron et ocrée des roches qui tranchaient avec le bleu profond de l’océan tandis que, niché dans son écrin minéral, le lac d’acide montrait une belle couleur verte.
Le pilote de l’hélicoptère – par ailleurs doté d’une très bonne connaissance en géologie et volcanologie – effectua plusieurs rotations autour de l’île avant de se poser au milieu du fer à cheval dessiné par les parois du volcan. Un moment de pur bonheur pour le volcanophile que je suis !!
White Island a une superficie de 5 km2 et est située à une cinquantaine de kilomètres de la côte. C’est le sommet d’un volcan sous-marin de 16 à 18 km de diamètre qui prend assise au fond de l’océan. Il se situe à l’extrémité NE de la ligne volcanique dite de Taupo, de plus de 250 km de longueur, où se trouvent alignés les principaux volcans de nouvelle Zélande comme le Tarawera, le Ngauruhoe ou le Ruapehu.
Environ 36 éruptions se sont produites depuis la première observation historique qui remonte à 1826 avec le début de la colonisation, confirmant – si besoin est – que la Nouvelle zélande est un pays très jeune. L’activité fut localisée dans la partie NO du cratère jusqu’en 1914 où une zone fumerollienne avec d’importants dépôts de soufre incita une société à exploiter ce dernier. Malheureusement, 11 ouvriers et les infrastructures de la mine furent ensevelis sous un très important glissement de terrain dû à la rupture d’un des flancs internes du cratère ouest. Le cratère principal s’est formé à la suite de ce glissement de terrain de 1914. L’exploitation du soufre cessa en 1930.
Par la suite, d’autres éruptions eurent lieu, en particulier en 1958-1959, entre 1976 et 1982 ou encore entre 1992 et 1993. En janvier 1999, l’activité a recommencé légèrement, ainsi que le 7 mars 2000, avec une émission de cendre qui a généré un panache de 1500 mètres de hauteur et qui s’étira sur 40 km. Le 27 juillet 2000, la plus importante éruption de ces 20 dernières années, d’une durée de 5 heures, forma un nouveau cratère de plus de 100 mètres de diamètre, recouvrant la partie est de l’île de cendre et de blocs.
Actuellement, le volcan est calme. Plusieurs mares d’eau chaude ou de boue mijotent dans le cratère. Leur température lors de notre visite se situait autour de 80°C. La couleur des roches est magnifique, ne faisant que mieux ressortir le vert superbe du lac d’acide dont le PH a été mesuré inférieur à 0 !!
Après plus d’une heure de visite du cratère, le pilote a de nouveau survolé l’île où la couleur de l’eau de mer le long du littoral trahit par endroits la présence de zones hydrothermales. Un dernier coup d’œil à la colonie de fous de Bassan qui a élu domicile sur un promontoire, et c’est le retour vers Whakatane d’où nous allons prendre la route en direction de Rotorua, deuxième pôle volcanique de notre voyage.
(Photos dans l’album).