Redoubt, Asama et prévision volcanique

La situation s’est stabilisée sur le Mont Redoubt. On observe une certaine baisse de la sismicité, ponctuée de quelques événements plus marqués, comme le montre le tracé du tremor ci-dessous. Les risques d’éruption sont peut-être en train de s’éloigner, même si l’on n’est pas à l’abri d’une brutale recrudescence d’activité.
La prévision sur un volcan comme le Redoubt est rendue difficile par les conditions extérieures : nous sommes en hiver et il fait encore froid à la latitude du volcan où l’éclairage est particulièrement réduit en février. Les scientifiques ne disposent que des sismos et de l’avion pour se rendre compte de la situation. Il leur est impossible d’aller prélever des gaz à la sorties des bouches actives qui – difficulté supplémentaire – se trouvent dans la partie supérieure du Drift Glacier où certains séracs menacent de lâcher à tout moment sous l’effet de la chaleur.
La population des villes autour du volcan s’est préparée à l’éventualité d’une éruption (masques anti-poussière en particulier) et des consignes ont été données pour protéger personnes, habitations et véhicules.
L’incertitude de la situation sur le Redoubt montre les limites de la prévision volcanique actuelle. Elle est apparue au grand jour lors de l’éruption (qualifiée de ‘mineure’ par la Japan Meteorolocical Agency) de l’Asama au Japon. Ce n’est que 24 heures avant l’événement que les autorités ont mis en garde la population sur les risques d’éruption et d’évacuation en sillonnant la ville de Naganohara avec des haut-parleurs. Là aussi, ce sont les sismographes qui avaient donné l’alerte. L’activité sismique s’était accrue en janvier et avait culminé 24 heures avant l’éruption, ce qui avait fait dire à la JMA que l’éruption allait probablement se produire dans les 48 heures. Certes, les volcanologues japonais avaient vu juste, mais avec un délai sûrement trop bref si l’événement avait été de grande ampleur.

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Avec l’aimable autorisation de l’AVO.

Cette note sera la dernière du mois de février émise depuis la France. Demain, je prends la direction de la Nouvelle Zélande, histoire de comparer la viande des agneaux kiwis avec celle – succulente – de « l’agneau baronet du Limousin ». Il y aura bien sûr des volcans et des sources chaudes au programme, sans oublier les phoques, les pingouins et les albatros. Si je croise des cybercafés sur mon chemin, je vous enverrai quelques nouvelles depuis cette terre lointaine d’où je devrais revenir courant mars.