Mesure des gaz volcaniques

Une équipe de géophysiciens de l’université de Sheffield (Angleterre) est en train de mettre au point un mini-hélicoptère télécommandé susceptible de mesurer les gaz émis par un volcan, ce qui pourrait aider à mieux prévoir les éruptions. L’hélicoptère serait équipé de capteurs destinés de mesurer en particulier les quantités de SO2 et de CO2. Ces mesures sont souvent effectuées par des volcanologues qui prennent parfois de gros risques, comme ce fut le cas sur le Galeras en 1993 où six d’entre eux ont été tués par le volcan pendant une campagne de mesures.
L’équipe de chercheurs britanniques a reçu le prix Rolex attribué chaque année par la firme de montres suisses à de telles entreprises.
Il est à noter que ce type d’engin télécommandé n’est pas une nouveauté en volcanologie. Il y a quelques années, les Américains avaient construit un petit robot baptisé Dante, censé explorer les cratères inaccessibles à l’homme. On le voit d’ailleurs à l’œuvre dans le film Le Pic de Dante. H Tazieff m’avait fait part à l’époque – avec sa verve légendaire – de son scepticisme à propos de cet engin.
Les Américains ont également construit de petits hélicoptères à des fins d’espionnage et pour contrôler des environnements hostiles. Toutefois, ces projets se heurtent à l’autonomie des appareils et donc à la faible distance qu’ils peuvent parcourir. Ce dernier point pourrait être un problème en volcanologie. En effet, le mini-hélicoptère britannique ne peut s’éloigner que de 400 mètres de sa base, ce qui est un peu faible au vu de la plupart des cratères. Les chercheurs l’ont testé dans le cratère de la Fossa à Vulcano qui, à l’heure actuelle, n’est pas l’un des lieux les plus éruptifs de la planète…
Je me garderai bien de critiquer un tel projet qui a le mérite d’exister. Nul doute que des solutions seront trouvées pour résoudre les problèmes d’autonomie et que ces petits hélicoptères pourront effectuer des mesures de gaz là où l’homme ne peut pas mettre les pieds.
Source : Presse anglo-saxonne.