Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion)

1475806114.24.jpgDans son dernier bulletin en date du 2 octobre, l’Observatoire indique que l’éruption, qui a débuté le 21 septembre à 15h30 dans le Dolomieu est terminée. Le tremor éruptif a fortement diminué à partir 4h10 ce matin et a entièrement disparu à 4h45 (heure locale).
Le communiqué de l’Observatoire ajoute que « pendant l’éruption, seulement une très faible déflation du massif a été enregistrée. Pour cette raison on peut s’attendre que d’autres phases éruptives suivent à court terme (quelques jours ou semaines) »
Le volume de lave émis pendant l’éruption est de l’ordre de 850 000 m3 en 10 jours.
Si l’on se réfère à l’histoire éruptive du volcan, il faut effectivement se montrer très vigilant. A plusieurs reprises, une ‘petite’ éruption comme celle qui vient de se produire a été suivie d’une période de calme avant une reprise d’activité beaucoup plus intense.

993348610.29.jpgIn its latest report (October 2nd 2008), the Observatory indicates that the eruption is over. The eruptive tremor started declining at 4:10 this morning and disappeared at 4:45 (local time).
The Observatory also indicates that the volcano hardly deflated during the eruption, which might mean that more eruptive events might happen in the short term.
The volume of emitted lava was 850 000 m3 in 10 days.
Referring to the past eruptive history of the volcano, one should be on the watch. Indeed, a minor eruption like the past one has often been followed by more dramatic events.

Kilauea (Hawaii / Etats Unis)

1475806114.23.jpgLa situation reste stable sur le Kilauea, avec la bouche incandescente au fond de l’Halema’u ma’u et la lave qui s’écoule en tunnel vers le Pacifique où elle arrive à l’ouest de Kalapana. Ce qui frappe le plus actuellement, ce sont les émissions de gaz, en particulier de SO2. Elles atteignaient 1700 tonnes sur le Pu’u O’o le 21 septembre (ce qui correspond au volume moyen de gaz expulsé quotidiennement par ce cratère au cours des 25 dernières années) et 1200 tonnes sur l’Halema’u ma’u ce même jour, contre une moyenne de 140 tonnes par jour entre 2003 et 2007. Ces importantes émissions gazeuses expliquent les mesures envisagées par les autorités hawaiiennes pour protéger la population quand le vent envoie les nuages de SO2 vers les zones habitées (voir ma note du 24 septembre).

993348610.25.jpgThe situation is stable on Kilauea, with the glowing vent in Halema’uma’u and lava that flows in tunnels down to the Pacific Ocean, west of Kalapana. Currently, the most striking phenomenon concerns the gas emissions, especially SO2. Indeed, they reached 1,700 tonnes on Pu’u O’o on September 21st (which corresponds with the average quantity of gas released by this crater over the past 25 years) and 1,200 tonnes on Halema’uma’u that same day, vs. an average of 140 tonnes per day between 2003 and 2007. These impressive emissions account for the measures taken by Hawaiian local authorities to protect the population when the wind sends SO2 clouds towards populated areas (see my note of september 24th).

Séismes et volcans

Le dernier commentaire posté sur mon blog – suite au séisme de 7,1 qui a secoué les îles Kermadec – aborde le sujet délicat de la relation entre séismes et volcans. En effet, s’il existe une relation évidente entre sismicité et volcanisme au moment d’une éruption, personne n’est en mesure de dire aujourd’hui si un violent séisme est capable de déstabiliser un système volcanique au point de déclencher une éruption.
Mon ami australien John Seach pose souvent la question sur son site (http://www.volcanolive.com) quand un violent séisme se produit en Indonésie ou aux Philippines, mais aucun événement volcanique n’est vraiment venu répondre à cette question.
Un scientifique français a essayé d’établir une relation entre les séismes en profondeur à proximité d’un volcan actif (le Stromboli en particulier) et l’activité éruptive du volcan, mais les résultats de cette étude ne sont pas très révélateurs.
S’agissant de la sismicité sur les volcans, plusieurs cas de figures peuvent être considérés. Ainsi, actuellement, la sismicité sur le Mont St Helens est provoquée par des effondrements du dôme, même après la fin de l’éruption (voir photo ci-dessous).
Ces mêmes effondrements de dôme se produisent en ce moment sur le volcan de Soufriere Hills à Montserrat, mais – contrairement au Mont St Helens – ils vont de pair avec l’activité de croissance de ce même dôme, révélée par le tremor volcanique sur les sismographes.
Lorsqu’un volcan va entrer en éruption, les sismographes enregistrent une hausse de la sismicité, due à la fracturation des roches pendant l’ascension du magma. Ces secousses se produisent parfois encore pendant l’éruption, comme actuellement sur le Piton de la Fournaise (voir les derniers messages de l’Observatoire). Bien sûr, comme je le fais souvent remarquer, le tremor volcanique (voir définition dans la colonne de droite) permet de suivre l’évolution de l’éruption.
Il se peut aussi qu’une séquence sismique se produise sur un volcan sans être suivie d’une éruption. J’ai connu cette situation sur le Krafla en Islande dans les années 90. Je campais à Reykjalid et je ressentais la nuit les frémissements du volcan. Pourtant, aucune éruption ne s’est produite. Quelques semaines plus tard, le regretté Maurice Krafft m’indiquait que l’éruption avait avorté. Le magma avait trouvé un autre trajet sous nos pieds…

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Signes d’effondrements du dôme du Mont St Helens (Juillet 2008)