Le dernier commentaire posté sur mon blog – suite au séisme de 7,1 qui a secoué les îles Kermadec – aborde le sujet délicat de la relation entre séismes et volcans. En effet, s’il existe une relation évidente entre sismicité et volcanisme au moment d’une éruption, personne n’est en mesure de dire aujourd’hui si un violent séisme est capable de déstabiliser un système volcanique au point de déclencher une éruption.
Mon ami australien John Seach pose souvent la question sur son site (http://www.volcanolive.com) quand un violent séisme se produit en Indonésie ou aux Philippines, mais aucun événement volcanique n’est vraiment venu répondre à cette question.
Un scientifique français a essayé d’établir une relation entre les séismes en profondeur à proximité d’un volcan actif (le Stromboli en particulier) et l’activité éruptive du volcan, mais les résultats de cette étude ne sont pas très révélateurs.
S’agissant de la sismicité sur les volcans, plusieurs cas de figures peuvent être considérés. Ainsi, actuellement, la sismicité sur le Mont St Helens est provoquée par des effondrements du dôme, même après la fin de l’éruption (voir photo ci-dessous).
Ces mêmes effondrements de dôme se produisent en ce moment sur le volcan de Soufriere Hills à Montserrat, mais – contrairement au Mont St Helens – ils vont de pair avec l’activité de croissance de ce même dôme, révélée par le tremor volcanique sur les sismographes.
Lorsqu’un volcan va entrer en éruption, les sismographes enregistrent une hausse de la sismicité, due à la fracturation des roches pendant l’ascension du magma. Ces secousses se produisent parfois encore pendant l’éruption, comme actuellement sur le Piton de la Fournaise (voir les derniers messages de l’Observatoire). Bien sûr, comme je le fais souvent remarquer, le tremor volcanique (voir définition dans la colonne de droite) permet de suivre l’évolution de l’éruption.
Il se peut aussi qu’une séquence sismique se produise sur un volcan sans être suivie d’une éruption. J’ai connu cette situation sur le Krafla en Islande dans les années 90. Je campais à Reykjalid et je ressentais la nuit les frémissements du volcan. Pourtant, aucune éruption ne s’est produite. Quelques semaines plus tard, le regretté Maurice Krafft m’indiquait que l’éruption avait avorté. Le magma avait trouvé un autre trajet sous nos pieds…
Signes d’effondrements du dôme du Mont St Helens (Juillet 2008)
