Ré-émergence de la croûte terrestre // Re-emergence of the Earth’s crust

drapeau francais  C’est bien connu : la Terre est une planète vivante avec des plaques tectoniques qui se déplacent en générant des phénomènes de collision, d’accrétion ou de subduction. Au cours de cette dernière, des morceaux de la croûte terrestre plongent dans les profondeurs et rejoignent le manteau qui leur a donné naissance longtemps auparavant. On pensait qu’un jour ou l’autre cette croûte terrestre « avalée » au cours du processus de subduction pouvait remonter à la surface au cours d’éruptions volcaniques, mais on n’en avait pas vraiment la preuve.

La réponse vient peut-être d’être donnée avec la découverte de signatures anormales en isotopes du soufre dans les laves de Mangaia, volcan de point chaud des Iles Cook (Polynésie) entré en éruption il y a quelque 20 millions d’années. Cette découverte indique la présence, dans le manteau terrestre profond, d’une croûte océanique archéenne, vieille d’au moins 2,45 milliards d’années. Les signatures confirment définitivement l’hypothèse du recyclage des matériaux de la croûte océanique lors de la phase de subduction, ainsi que son stockage et sa remontée par le volcanisme. Ces travaux menés par une équipe de chercheurs américains, français et suédois sont publiés dans la revue Nature le 24 avril 2013.

Pour trouver l’âge de cette ancienne croûte terrestre recyclée, les scientifiques ont analysé les isotopes de soufre dans les basaltes de Mangaia. Ils ont alors découvert que ces isotopes étaient ceux qui pouvait uniquement se former lors d’une réaction avec une lumière intense, phénomène qui s’est probablement produit avant que l’atmosphère contienne beaucoup d’oxygène. En effet, une fois que le gaz eut formé une couche d’ozone primitive, une lumière intense ne pouvait plus atteindre la surface de la Terre.

Puisque nous savons que l’atmosphère terrestre a commencé à inclure des quantités mesurables d’oxygène il y a environ 2,45 milliards d’années, il est probable que la croûte s’est formée et s’est ensuite enfoncée par subduction à cette époque.

Sources: The New Scientist, Science Daily.

 

drapeau anglais  It’s a well-known fact: the Earth is a living planet with tectonic plates that move generating phenomena of collision, accretion or subduction. In the latter, pieces of the crust plunge down into the deep mantle that gave them birth long ago. We thought that one day or another this crust « swallowed » during the subduction process  could rise to the surface during volcanic eruptions, but we did not really have a proof of this.
The answer just might be given with the discovery of abnormal sulfur isotope signatures in the lavas of Mangaia, a  hot spot  volcano of the Cook Islands (French Polynesia) that erupted some 20 million years ago. This finding indicates the presence in the deep mantle, of an Archean oceanic crust  at least 2.45 billion years old. Signatures definitely confirm the hypothesis of the recycling of materials from oceanic crust during the subduction phase, as well as its storage and its rise to the surface through volcanism. This study by a team of American, French and Swedish researchers was published in the April 24, 2013 issue of the journal Nature.
To find the age of the ancient recycled crust, scientists analyzed sulfur isotopes in the basalts of Mangaia. They discovered that these isotopes were those that could only be formed upon reaction with an intense light, a phenomenon that probably occurred before the atmosphere contained a lot of oxygen. Indeed, once the gas had formed a primitive ozone layer, intense light could not reach the surface of the Earth.
Since we know that the Earth’s atmosphere began to include measurable amounts of oxygen about 2.45 billion years ago, it is likely that the crust formed and then plunged through subduction at that time .

Sources: The New Scientist, Science Daily.

Mangaia-blog

Mangaia vue depuis l’espace en 2001.  (Crédit photo: NASA)

Voyage au centre de la Terre // Journey to the centre of the Earth

drapeau francais   Depuis des siècles, l’Homme essaye de comprendre l’intérieur de la Terre. Les géologues tentent de donner des explications scientifiques tandis que les écrivains utilisent leur imagination pour décrire les profondeurs de notre planète. Dante imaginait le centre de la Terre comme un désert de glace où la lumière divine n’avait pas accès. De son côté, Jules Verne espérait l’atteindre en faisant pénétrer ses héros par le cratère du Snaefells islandais.

Cette volonté de fouiller les entrailles de la Terre a persisté au 20ème siècle, en particulier avec l’exploration de grottes comme le gouffre de Krubera-Voronja, dans la partie occidentale du Caucase, qui a été visitée jusqu’à une profondeur de 2191 mètres.

Les mines d’or les plus profondes du monde – TauTona et Savuka – en Afrique du Sud sont exploitées jusqu’à plus de 3900 mètres.

En mai 1970, pour célébrer l’anniversaire de Lénine, l’Union soviétique avait initié en secret le projet « SG-3 » sur la Péninsule de Kola, au nord du pays. Il s’agissait d’un forage destiné à étudier la discontinuité de Mohorovicic (souvent raccourcie à Moho) qui se trouve à une quinzaine de kilomètres de profondeur dans cette région du globe. Le projet s’est poursuivi jusqu’en 1989, année où des problèmes techniques et financiers ont conduit à son abandon à 12 261 mètres de profondeur.

Les Etats-Unis ont eu la même idée, mais dans un secteur où la croûte océanique est moins épaisse (5 – 10 km). Le projet Mohole a débuté en 1961 pour prendre fin en 1966. Des échantillons de plancher océanique de 170 mètres de longueur ont été récoltés et le forage a atteint 3500 mètres.

De nos jours, certains rêvent de disposer d’une foreuse qui permettrait d’atteindre le manteau terrestre, mais les mécènes ne se bousculent pas au portillon et il y a des chances pour que le coeur de notre planète garde ses secrets pendant encore de très nombreuses années !

Source : Scientific American.

 

drapeau anglais   For centuries, Man has tried to understand the Earth’s interior. Geologists attempt to give scientific explanations while writers use their imagination to describe the depths of our planet. Dante imagined the centre of the Earth as a desert of ice where the divine light had no access. For its part, Jules Verne hoped to reach it with its heroes entering the crater of Icelandic Snaefells.
This desire to search the bowels of the Earth has persisted in the 20th century, especially with the exploration of caves like Krubera-Voronja in the western part of Caucasus, which was visited to a depth of 2,191 metres .
The deepest gold mines of the world – TauTona and Savuka –  in South Africa are exploited to more than 3,900 metres.

In May 1970, to celebrate the birthday of Lenin, the former Soviet Union initiated the secret project “SG-3” on the Kola-Peninsula. The drilling project planned to study the Mohorovicic discontinuity, situated at a depth of 15 kilometres. The project continued until 1989, when technical and financial problems stopped the drill at 12,261 metres.
The United States initiated a similar ambitious project, but decided to drill the thinner oceanic crust (5-10 kilometres thick). Project Mohole started in 1961 and was abandoned in 1966, after recovering 170 meters long cores from the ocean floor in a depth of 3.500 meters.

Nowadays, some people dream of having a drill that would get to the mantle, but the sponsors are not lining up at the gate and there is a chance that the heart of our planet will still keep its secrets for numerous years!
Source: Scientific American.

Snaefells-blog

Les Snaefells (Islande) cher à Jules Verne