Popocatepetl (Mexique)

L’activité du Popo reste forte avec des panaches de cendre, des projections incandescentes et des grondements qui inquiètent les populations sur ses flancs. Certains habitants les comparent aux « rugissements de la mer ».

Les autorités locales ont commencé à prendre des mesures pour le cas où la situation viendrait à empirer. La municipalité de Xalitzintla (2600 habitants) a prévu 50 bus en cas d’évacuation et les habitants seront prévenus par les policiers de la localité. Le maire pense que la moitié de la population acceptera de partir tandis que l’autre moitié refusera. Des masques anti-poussière sont mis à la disposition des habitants mais ne sont guère utilisés.

Le Président mexicain a assuré que les routes autour du volcan resteraient dégagées pour faciliter les évacuations et que des abris étaient prêts à accueillir d’éventuels réfugiés. Il espère que le Popocatepetl ne provoquera pas une nouvelle catastrophe, après l’épidémie de grippe porcine en 2009, les inondations et la sécheresse de 2012.

Comme ce fut le cas avec le Merapi en Indonésie, la plupart des habitants sur les flancs du Popo ne craignent pas le volcan et certains reconnaissent même qu’ils ressentent une forme de « relation personnelle », voire de la « tendresse » envers  lui. En effet, la cendre qui tombe est bienfaitrice ; elle fertilise le sol.

 

Si je devais formuler un pronostic concernant l’évolution de l’éruption du Popocatepetl, je serais plus optimiste que lors de celle du Merapi en 2010. Bien que situés tous les deux en zone de subduction, le Popo et son homologue indonésien n’ont pas la même morphologie et le passé éruptif du Popo est moins destructeur que celui du Merapi. On ne connaît pas d’éruptions du volcan mexicain dans les temps historiques ayant entraîné la mort de milliers de personnes. Il est vrai que les villages sur ses flancs ne sont pas à la merci d’un dôme de lave susceptible de s’écrouler en déclenchant des coulées pyroclastiques meurtrières. Comme on a pu le voir dans la photo aérienne que j’ai mise en ligne il y a quelques jours, le dôme de lave se trouve au fond du cratère et ne risque donc pas de s’écrouler sur les pentes du volcan. Il ne faudrait pas, bien sûr, qu’il se mette à croître rapidement et dépasse la lèvre.

Les nuages de cendre et les projections incandescentes accompagnées actuellement de forts rugissements sont, de mon point de vue, une bonne chose. Je rejoins l’opinion des scientifiques du CENAPRED qui indiquent que ces manifestations éruptives permettent une libération de l’énergie accumulée sous le volcan. Les projections incandescentes correspondent probablement à la destruction du dôme de lave. Il est dommage que le CENAPRED ne mette pas en ligne des photos aériennes du cratère.

Pour le moment, le seul problème réside dans les émissions de cendre et leurs retombées sur les zones habitées. Elles peuvent causer des problèmes respiratoires et gêner la vie de tous les jours. A long terme toutefois, cette cendre contribuera à fertiliser les champs et fera le bonheur des paysans.

 

Popo-blog.jpg
9 heures: Le Popocatepetl vu par la webcam en ce moment. L’activité semble stable. Le dernier bulletin du CENAPRED indiquait hier soir qu’il y avait moins de cendre dans les panaches.

21 heures: Confirmation de la baisse d’activité dans le dernier bulletin du CENAPRED. L’observatoire indique que 19 émissions de cendre de moyenne intensité ont été observées au cours des dernières 24 heures. C’est beaucoup moins que précédemment.

Etna (Sicile / Italie)

drapeau francais.jpgDepuis le 20 avril au soir, on observe périodiquement une petite activité strombolienne dans le Nouveau Cratère SE (NCSE). Il se pourrait donc qu’un nouveau paroxysme secoue prochainement le volcan.

A noter que l’activité sismique peut à nouveau être observée sur le site de l’INGV. Deux nouvelles stations ont été installées. La première (EMPL) se trouve sur le Monte Parmentelli, un vieux cratère sur le flanc sud à 1200-1300 mètres d’altitude. L’autre station sismique (ECPN) se situe au Cratere del Piano, au SO des cratères sommitaux, près de la Bocca Nuova, à 3000 mètres d’altitude, à environ 1,5 km à l’ouest du NSEC, donc plus près de la zone active que précédemment. L’enregistreur du tremor (EBEL) se trouve encore plus près du cratère, à une distance de seulement 700 mètres.

Ces informations m’ont aimablement été fournies par Boris Behncke (INGV Catane)

 

drapeau anglais.jpgSince April 20th in the evening, slight strombolian activity can be observed within the New SE Crater (NSEC). Thus, a new paroxysm might occur shortly on the volcano.

Seismic activity can again be seen on the INGV website. Two new stations have been installed. These are the « Monte Parmentelli – EMPL » (an old crater on the south flank of Etna at about 1200-1300 m elevation) and « Cratere del Piano – ECPN » (at the southwestern base of the summit crater complex, near the Bocca Nuova, at about 3000 m elevation).  With ECPN, one can see the seismicity close to the summit. The station is little more than 1.5 km to the west of the new Southeast Crater. EBEL (which transmits the volcanic tremor graph) is still closer, about 700 m from the crater.

I was kindly given this information by Boris Behncke (INGV Catane).

Shiveluch (Kamchatka / Russie)

drapeau francais.jpgDans son dernier rapport hebdomadaire, le GVN indique que « l’activité explosive continuait sur le Shiveluch entre le 7 et le 13 avril ». Les images satellites montraient une coulée de lave visqueuse dans le cratère qui s’était formé pendant l’une des éruptions de 2010. Une anomalie thermique était également visible sur le dôme de lave d’où s’échappaient des panaches de cendre pouvant atteindre 8 km de hauteur avant de s’étirer sur 210 km en direction du SO et du SE.

Le niveau d’alerte pour l’aviation reste à la couleur Orange.

Cette activité intense est confirmée par les dernières images mises en ligne par les scientifiques russes le 19 avril. On voit des panaches de cendre volumineux s’échapper du cratère.

 

drapeau anglais.jpgIn its latest weekly report, the Global Volcanism Network indicates that « explosive activity at Shiveluch continued during 7-13 April ». According to satellite images, a viscous lava flow continued to effuse in the crater formed during a 2010 eruption. A weak thermal anomaly could also be seen on the lava dome, and ash plumes up to 8 km drifted 210 km SW and SE.   The aviation colour code remains at Orange.

This intense activity is confirmed by the latest images (April 19th) released by Russian scientists. One can see voluminous ash plumes rising from the crater.

Shiveluch-blog.jpg
Le Shiveluch le 19 avril 2012

 

 

Askja (Islande)

drapeau francais.jpgLes dernières observations effectuées par les scientifiques islandais sur l’Öskjuvatn les ont conduits à la conclusion suivante : ce n’est pas la température de l’eau du lac qui explique l’absence de glace à sa surface.

En effet, la température de l’eau n’est que de 1-2°C. Toutefois, le lac étant très profond, aucune mesure n’a été effectuée sur le fond où des sources géothermales – dont la présence a été prouvée – peuvent avoir contribué au réchauffement de l’eau, en même temps que la température de l’air particulièrement élevée cet hiver dans cette région de l’Islande. Il est probable que la chaleur géothermale a creusé des trous à la surface du lac et que le vent chaud qui soufflait du SO a fait se rompre la glace avant de la pousser vers les berges du lac.

C’est la combinaison de ces deux facteurs qui expliquerait la disparition de la glace à la surface de l’ Öskjuvatn alors que les autres lacs (Myvatn par exemple) en étaient recouverts.

Il faudra toutefois prendre en compte d’autres paramètres (analyses chimiques de l’eau, convection des gaz dans le lac, sismicité, GPS, tiltmètres) pour aboutir à une conclusion définitive.

Source : Iceland Review.

 

drapeau anglais.jpgThe latest observations of Öskjuvatn made by Iceland scientists have led to the conclusion that the water temperature could not have caused the lake’s unusual iceless state.

The water temperature was only 1-2°C. However, the temperature at the floor of the lake has not been measured and it is considered possible that inflow of geothermally heated water may have contributed to the melting of the ice, combined with unusual warm weather during the winter in that part of Iceland.

The presence of geothermal heat at the lake’s floor and by its banks is known and has caused holes to appear in the ice on the lake’s surface all winter. Unusual weather in the region with warm southwesterly winds may have sufficed to break up the ice and move it around the lake and eventually push it ashore.

Those two factors combined are now believed to have caused all ice to disappear from the surface of Öskjuvatn while other lakes (Myvatn for instance) remained ice-covered.

However, other data, such as measurements of the lake’s chemical content, gas convection in the lake, seismicity, GPS data and tiltmeters to come to a final conclusion.

Source : Iceland Review.