La fonte des glaciers (suite, mais malheureusement pas fin)

Comme je l’ai signalé à plusieurs reprises, la fonte et le recul des glaciers me passionnent – et me préoccupent – autant que l’activité volcanique dans le monde. Il est vrai que j’ai eu l’occasion de fréquenter à plusieurs reprises ce monde de froideur et je redoute la disparition d’un certain nombre de rivières de glace dans un proche avenir. L’approche et le survol des glaciers d’Alaska n’ont fait que me conforter dans cette crainte.

Je ne suis pas le seul à redouter une telle issue. La NASA vient de diffuser deux images satellitaires du Columbia Glacier qui vient vêler dans les eaux du Prince William Sound au SE de l’Alaska. La première photo a été prise en juillet 1986, l’autre en mai 2011. Au cours des 15 années qui se sont écoulées entre les deux clichés, on estime que le Columbia Glacier a rétréci de moitié ! Il n’est pas besoin d’être glaciologue pour s’en rendre compte en regardant les deux images à cette adresse :

http://earthobservatory.nasa.gov/IOTD/view.php?id=77938

Comme souvent avec les images satellitaires, les couleurs sont fausses. Ici, la neige et la glace apparaissent en cyan vif, la végétation en vert, les nuages en blanc ou orange clair et l’océan en bleu foncé. Les zones rocheuses découvertes par le recul du glacier sont de couleur marron alors que les débris à la surface du glacier sont gris. Il y a davantage de neige en 2011 car la photo a été prise en mai alors que celle de 1986 a été réalisée en juillet.

En 1986, le front du glacier se trouvait à quelques kilomètres seulement au nord de Heather Island. En 2011, on constate qu’il a reculé de plus de 20 km vers le nord et a dépassé Terentiev Lake et Great Nunatak Peak. De plus, en même temps qu’il a reculé, le glacier a aussi rétréci, laissant apparaître des zones rocheuses. Ce phénomène est parfaitement visible sur les dernières images de la NASA. Depuis les années 1980, le Columbia Glacier a globalement perdu environ la moitié de son épaisseur et de son volume.

Le recul du glacier a également modifié son écoulement  et la NASA indique que son front se trouve divisé en deux parties qui donnent donc naissance à deux vêlages d’icebergs bien distincts. Il semblerait donc que la situation ait évolué depuis ma visite au Columbia en septembre 2009, époque où ce double front du glacier n’était pas évident (voir album photo « Alaska, the last frontier » dans la colonne de droite de ce blog).

Au train où vont les choses, il ne fait guère de doute que dans quelques décennies le glacier ne disposera plus d’une alimentation suffisante pour atteindre les eaux du Prince William Sound. Une situation vraiment pas réjouissante !

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(Avec l’aimable autorisation de la NASA)
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Vêlage du Columbia Glacier en septembre 2009
(Photo: C. Grandpey)

 

Fuego (Guatemala)

drapeau francais.jpgLe dernier bulletin du CONRED confirme le déclin de l’éruption qui a débuté samedi 19 mai vers 02:45. Les panaches de cendre ne s’élèvent plus qu’à 500 mètres de hauteur avant de s’étirer vers le SO sur une quinzaine de kilomètres.

 

drapeau anglais.jpgCONRED’s latest report confirms the decline of the eruption that started on Saturday at 2:45 a.m. Ash plumes are now rising up to 500 meters above the crater before drifting SW over 15 km or so.

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Carte à risques du Fuego avec le tracé potentiel des coulées pyroclastiques.
(Avec l’aimable autorisation du CONRED)

 

 

Etna & Stromboli (Sicile / Italie)

drapeau francais.jpgLa situation est calme ces jours-ci sur les volcans siciliens. On attend toujours le 26ème paroxysme du Nouveau Cratère SE de l’Etna. Comme dit la chanson : « Aujourd’hui peut-être ou plutôt demain … » Au vu du rythme des précédents, certains avaient misé sur un réveil du volcan le week-end du 12 au 13 mai. Pas de chance ! L’Etna n’est pas un métronome et il a posé un lapin aux volcanophiles  présents. C’est une preuve supplémentaire, si besoin était, que nous ne savons pas prévoir les éruptions volcaniques, même à court terme ! J’ai le souvenir d’un ami qui avait cru bon de s’envoler pour l’Ile de la Réunion afin de voir une éruption du Piton qui avait commencé quelques jours auparavant. Malheureusement pour lui, le volcan a cessé toute activité pendant qu’il était dans l’avion… !

De son côté, le Stromboli montre une activité qualifiée de faible à moyenne par l’INGV. On observe en moyenne chaque heure 11 événements explosifs de faible intensité.

 

drapeau anglais.jpgThe situation is quiet on Sicilian volcanoes. The 26th paroxysm of Etna‘s NSEC is still to come. As the song goes: « Today perhaps, or rather tomorrow… »  Judging from the previous events, some people had imagined the 26th paroxysm would occur during the week-end 12-13 May. Hard luck! Mount Etna is not a metronome and stood up the volcano lovers who were at the summit. It is one more proof that we are unable to predict volcanic eruptions, even in the short term. I can remember a friend of mine who took the plane to go and see an eruption of the Piton de la Fournaise on the Reunion Island. Unfortunately, the eruption stopped while he was in the plane!

Activity at Stromboli is said to be « low to medium » by INGV. One can observe an average of 11 low-intensity explosive events per hour.

 

Fuego (Guatemala)

drapeau francais.jpgVoici quelques détails supplémentaires sur le Fuego qui a connu ce week-end l’une des éruptions les plus violentes de ces dernières années.

L’état d’alerte a été décrété dans la région de Sacatepequez et des familles vivant à proximité du volcan ont été évacuées. L’état d’alerte implique la fermeture de certaines routes, l’installation de stations de surveillance et la mise en alerte des unités de secours.

Depuis dimanche matin, l’activité du Fuego a tendance à décliner. La cendre reste malgré tout une menace pour les zones de Panimaché I and II, Morelia, Santa Sofía, Yepocapa, et Santa Lucia Cotzumalguapa Siquinalá.

L’accumulation de cendre pose également des problèmes sur la route entre Palin et Escuintla, sans parler des coulées pyroclastiques qui ont déposé des quantités importantes de matériaux dans les ravines, avec des risques de lahars et de dégâts aux infrastructures routières en cas de fortes pluies.

La cendre va aussi avoir un effet négatif sur les cultures et le bétail.

Comme je l’ai indiqué auparavant, il est conseillé aux pilotes de respecter un rayon de sécurité de 40 km autour du Fuego.

On peut voir sur le site Internet de la chaîne ITN une petite vidéo qui montre la violence de l’éruption:

http://www.itn.co.uk/home/45774/Guatemala27s+Fuego+volcano+erupts

 

drapeau anglais.jpgHere are some more details about Fuego which had ad one of its most violent eruption in years over the weekend.

A state of alert has been declared in the Sacatepequez region and families living in the vicinity of the volcano have been evacuated. The measure involves closing nearby highways, installing monitoring stations and readying emergency workers.

Starting on Sunday morning, activity began decreasing. However, there is a constant state of threat due to falling ash on communities like the Panimaché I and II, Morelia, Santa Sofía, Yepocapa, and Santa Lucia Cotzumalguapa Siquinalá.

There is also danger in the highway sector Palin-Escuintla due to the accumulation of falling ash making driving in the region difficult. The current volcanic activity has also produced abundant pyroclastic flows depositing material into the ravines and generating lahars that can cause damage to the road network.

Researchers are also considering the negative effect on crops and livestock where there is a constant fall of volcanic ash.

As I put it before, pilots have been advised to avoid flights within a 40-km radius of Fuego.

ITN has released a short video that shows the violence of the eruption:

http://www.itn.co.uk/home/45774/Guatemala27s+Fuego+volcano+erupts

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Vue de l’éruption le 19 mai 2012 (Avec l’aimable autorisation du CONRED)