Séisme à Yogyakarta (Ile de Java / Indonésie)

drapeau francais.jpgUn séisme de magnitude 5,8 a secoué ce matin la region de Yoyakarta vers 10h50 (heure locale). L’épicentre a été localisé à Wonosari, à 140 km au SE de Yogyagarta, à une profondeur de 16 km. Aucun tsunami n’a été observé sur les côtes où une alerte aux fortes vagues avait été déclenchée.

Le séisme n’avait aucun lien avec le Merapi et ne devrait donc pas affecter son comportement.  

 

drapeau anglais.jpgA 5.8 magnitude earthquake hit the Yogyakarta area at about 10:50 a.m. this morning. The epicentre was 16 kilometres deep and located at 140 kilometres southeast of Wonosari. The quake did not trigger any tsunamis, although a high-wave alert was issued for some coastal areas.  

The earthquake was not related to Mount Merapi whose behaviour should not be affected by the event.

Stromboli (Sicile / Italie)

drapeau francais.jpgAlors que je publiais le 19 décembre ma note sur la « modélisation de l’activité du Stromboli » en émettant des doutes sur cette théorie, le volcan piquait une violente crise sans prévenir, comme pour démontrer – si besoin était – que c’est lui et lui seul qui décide de son comportement !

Dans le bulletin quotidien du 18 décembre, l’INGV indiquait que les explosions habituelles se produisaient à raison de 16 événements par heure en moyenne.

Le rapport du 19 décembre à 8h30 était identique mais une note en urgence émise à 10h25 révélait qu’un « événement explosif majeur » avait secoué le Stromboli à 9h55 et que « l’amplitude du signal VLP associé à l’événement était environ 5 fois supérieure à la moyenne journalière ».

Une fois la crise passée, le volcan a retrouvé une activité normale qui se confirmait le 20 décembre avec une vingtaine d’explosions de basse ou moyenne intensité chaque heure.

 

drapeau anglais.jpgWhile I was writing my note about the modelling of Stromboli’s eruptive activity on December 19th with doubts about that theory, the volcano went through a violent crisis without warning as if to show that it was the only one to make decisions about its own behaviour!

In its daily report of December 18th, INGV indicated that the usual explosions occurred at an average rate of 16 events per hour.

The report released on December 19th at 8:30 was identical but an emergency note at 10:25 explained that Stromboli had been shaken by « a major explosive event » and that « the amplitude of the VLP signal associated with the event was about 5 times greater than the daily average ».

Once the crisis was over, volcanic activity went back to normal with 20 low or medium intensity events on December 20th.

 

Voyeurisme volcanique?

Alors que l’éruption du Merapi est bel et bien terminée, laissant derrière elle un bilan très lourd (plus de 350 morts, 400,000 réfugiés, des villages détruits), les agences de voyage n’hésitent pas à conduire les touristes sur les pentes du volcan pour leur montrer l’étendue du désastre. On peut à la fois approuver et regretter ce genre de voyage. Montrer à des touristes la force de la nature est une très bonne chose et a sans aucun doute une valeur éducative. On peut toutefois regretter que ces visites aient lieu alors qu’une partie de la population affectée par l’éruption n’a toujours pas été relogée et verra défiler les touristes sans toucher la moindre roupie.

Au moment de l’éruption, j’avais critiqué certaines agences françaises qui organisaient des voyages « spécial éruption » alors que les autorités javanaises étaient confrontées à de sérieux problèmes d’évacuation et n’avaient donc pas besoin de groupes de touristes pour compliquer leur tâche. Au vu de certains comptes-rendus, il semblerait d’ailleurs que ces voyages n’aient pas donné entière satisfaction. La distance de sécurité par rapport au volcan et la cendre générée par les coulées pyroclastiques ne permettaient guère de voir le Merapi.

 

Dans le même temps, l’Islande a connu une hausse de 16% de ses revenus touristiques au cours des 11 premiers mois de 2010  et on s’attend à ce que 2011 soit en hausse de 20% par rapport à 2010 ! C’est une sérieuse bulle d’oxygène pour l’économie de ce pays dont la monnaie a été dévaluée il y a quelques mois. Tout un commerce s’est mis en place après l’éruption de l’Eyjafjallajökull et les problèmes qu’elle a causés au trafic aérien au printemps dernier. Comme le fait remarquer un directeur d’agence de voyage islandais, « l’éruption est devenue notre meilleure publicité ». Il ne reste pourtant rien de l’événement, si ce n’est des bouteilles de cendre volcanique à la source inépuisable qui se vendent 31,90 dollars sur la boutique en ligne du Nordic Store ! Les fermiers islandais reçoivent eux aussi les bienfaits de l’éruption et cette cendre si coûteuse pour les touristes leur a permis d’avoir de bien meilleures récoltes cette année…

 

Je ne sais pas s’il faut parler de simple curiosité, de curiosité morbide ou encore de voyeurisme. On remarquera toutefois que les catastrophes naturelles attirent immanquablement des flots de touristes et autres badauds dans leur sillage. Le nombre de visiteurs a considérablement augmenté en Louisiane frappée très durement par l’ouragan Katrina. On l’a vu également en France après le passage de la tempête Xynthia. Les routes d’accès aux villages vendéens sinistrés – la Faute-sur-Mer en particulier – regorgeaient de voitures et de camping-cars dont les plaques minéralogiques montraient qu’ils n’avaient vraiment rien à faire en ces lieux.

 

Quoi que l’on puisse dire ou écrire, cela ne changera rien à la nature humaine. Il suffit de lire la presse écrite, écouter la radio ou regarder la télévision pour se rendre compte que les médias nécrophages donnent l’exemple et sont friands de ces catastrophes qui font monter l’audimat et vendre journaux et autres magazines…

Vers une modélisation de l’activité du Stromboli?

En volcanologie, je n’ai qu’une confiance très limitée envers des termes comme « simulation » ou « « modélisation » qui font appel à des sciences exactes, alors que les volcans sont par définition imprévisibles dans leur comportement. Il suffit de se référer aux dernières activités du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) pour s’en rendre compte. Pourtant, le volcan est truffé d’instruments susceptibles d’aider les scientifiques à mieux comprendre ses humeurs. Il en est de même du Stromboli (Sicile / Italie), lui aussi sous contrôle attentif des scientifiques de l’INGV. 

Il n’est donc pas surprenant qu’un récent article publié par l’Agenzia Stampa Quotidiana Nazionale italienne me laisse quelque peu dubitatif ! Il est écrit qu’un groupe de chercheurs de l’INGV et d’autres instituts scientifiques a effectué une « analyse minutieuse » des données communiquées par les instruments au cours des paroxysmes du volcan le 5 avril 2003 et le 15 mars 2007. Au vu des éléments récoltés, ils ont pu mettre en lumière les mécanismes qui précèdent l’événement explosif et « élaboré un modèle spécifique du comportement du Stromboli ».

Les scientifiques ont constaté que lors des deux événements, l’explosion paroxystique s’est produite après la remontée jusqu’aux cratères sommitaux – et le déversement sur la Sciara del Fuoco – d’une quantité de matériaux évaluée à 4 millions de mètres cubes. Une telle abondance a provoqué la vidange des conduits les plus superficiels du volcan et une décompression qui a eu comme conséquence une montée de magma frais et riche en anhydride carbonique et autres éléments volatiles depuis le réservoir situé à plus de 6 km de profondeur. Dans un e telle situation, le magma remonte rapidement dans les conduits et sort violemment en surface comme le ferait un liquide gazeux dans une bouteille dont on a retiré d’un seul coup le bouchon.

Le fait d’avoir remarqué qu’un volume spécifique de magma est rejeté par le volcan avant les deux paroxysmes de 2003 et 2007 offrirait la possibilité de prévoir de tels événements. Il faudrait pour cela mesurer quotidiennement le magma émis durant les phases effusives. De telles mesures sont faites quotidiennement pendant les crises effusives au moyen de caméras thermiques portables depuis l’hélicoptère mis à la disposition des scientifiques par la Protection Civile.

On a remarqué par ailleurs que les énormes quantités de matériaux qui dévalent la Sciara del Fuoco et finissent leur course dans la mer augmentent le risque de tsunami. Un système de contrôle multidisciplinaire du Stromboli intégrant la sismicité, les déformations du sol, les caractéristiques pétrographiques des matériaux et l’analyse géochimique des gaz permettrait d’avoir une idée des plus infimes changements de comportement du volcan.

A cette surveillance par les instruments s’ajoute un système d’alerte sonore indiquant aux habitants l’imminence d’un danger. Il existe sur l’île de Stromboli des panneaux indiquant les parcours à suivre pour se mettre à l’abri.

L’avenir dira si le travail de recherche des scientifiques portera ses fruits… Après l’oeil électronique signalé dans ma note précédente, les volcans éoliens sont particulièrement bien surveillés!

Stromboli-Avril-1993-4.blog.jpg
(Photo: C. Grandpey)