Kizimen (Kamchatka)

drapeau francais.jpgLes derniers bulletins du KVERT indiquent que le Kizimen reste actif et que de nouvelles explosions sont susceptibles de se produire à n’importe quel moment, avec des nuages de cendre montant jusqu’à 10 km d’altitude. Toutefois, la sismicité a chuté après l’éruption du 13 décembre dernier. Il est à noter que le niveau de l’eau dans la rivière Levaya Schapina est monté de 60 cm après les explosions et est resté élevé pendant les deux jours qui ont suivi. De plus, cette eau était particulièrement boueuse. Entre le 14 et le 17 décembre, l’activité sismique est restée supérieure à la normale et une anomalie thermique a été observée sur le dôme de lave par les satellites.

Le niveau d’alerte est maintenu à l’Orange.

 

 

drapeau anglais.jpgAccording to KVERT, unrest at Kizimen Volcano continues. Additional explosive events are likely and could rise up to 10 km a.s.l. at any time. However, seismicity decreased following the eruption on December 13th. The water level in Levaya Schapina River rose 60 cm after the explosions and remained elevated for the next two days. The water was also very muddy.  Between December 14th and 17th, earthquake activity was above background levels and a thermal anomaly over the lava dome was detected in satellite imagery.

The alert level remains at Orange.

Merapi: appel aux dons (suite)

L’appel aux dons que je signalais dans ma note du 22 décembre s’est trouvé renforcé par un reportage dans le « Soir 3 Limousin du 23 décembre« . En même temps qu’un pompier de l’Urgence Internationale (PUI), j’ai essayé de montrer la nécessité de venir en aide aux sinistrés du Merapi après l’éruption qui a causé de très gros dégâts fin octobre – début novembre.

Le reportage peut être visionné en cliquant sur le lien :

http://limousin.france3.fr/ et en allant dans la rubrique Toutes les vidéos d’info : Soir 3 Limousin du 23 décembre 2010 (Il y a deux séquences pour cette journée; choisir celle de droite réservée uniquement au Limousin).

Tungurahua (Equateur)

drapeau francais.jpgBien que moins menaçant que durant ces dernières semaines, le Tungurahua reste bien actif. L’Institut Géophysique indique que les 14 et 15 décembre des panaches de gaz et de cendre montaient jusqu’à 8 km d’altitude. De faibles retombées de cendre ont été observées à Puto, à 50 km à l’est. Des explosions résonnaient comme des coups de canons et des blocs roulaient sur les flancs du volcan. L’incandescence était visible la nuit au niveau du cratère.

On pouvait toujours voir de panaches de gaz et de cendre entre le 17 et le 21 décembre. Le 20 décembre, des retombées de cendre se sont produites au nord et au nord-ouest du volcan. Les lahars ont dévalé des couloirs de Mapayacu (au sud-ouest) et de Bramaderos en transportant des blocs d’un diamètre pouvant atteindre 90 cm. Plus tard cette même journée, une explosion a fait vibrer les fenêtres dans de nombreux secteurs autour du Tungurahua. Des blocs incandescents ont roulé sur 2 km sur les pentes du volcan, tandis que le panache éruptif s’élevait jusqu’à 7 km d’altitude.   

 

drapeau anglais.jpgAlthough less threatening than during the past weeks, Tungurahua is still quite active. The Geophysical Institute reported that on December 14th and 15th, gas-and-ash plumes rose to an altitude of 8 km a.s.l..  Slight ashfall was reported in Puto, 50 km E. Explosions caused « cannot shot » noises, and blocks rolled down the flanks. Incandescence from the crater was observed at night.  

Steam-and-gas plumes were still seen between December 17th and 21st. On December 20th, ashfall was reported in areas to the N and NNW. Lahars descended the Mapayacu (SW) and Bramaderos drainages, carrying blocks up to 90 cm in diameter. Later that day, an explosion caused windows to vibrate in multiple areas. Incandescent blocks rolled 2 km down the flanks of the volcano. A plume rose to an altitude of 7 km a.s.l.

Un tomographe volcanique?

Le rêve de tout volcanologue est d’entrevoir l’intérieur d’un volcan comme les douaniers utilisent un tomographe pour scanner les bagages dans les aéroports et comme les hôpitaux parviennent à analyser l’intérieur du corps humain avec la radiographie,  l’Imagerie à Résonance Magnétique (IRM) ou le scanner.

Ce rêve deviendra peut-être réalité un jour si l’on en juge par les expériences qui sont en train d’être réalisées dans le cadre du projet Diaphane sur le volcan de la Soufrière à la Guadeloupe. Des équipes françaises du CNRS ont installé sur les flancs du volcan un capteur de muons cosmiques, particules chargées positivement ou négativement en provenance des couches supérieures de l’atmosphère.

De même charge électrique que les électrons et les protons – donc positifs ou négatifs – mais d’une masse 207 fois supérieure à celle de l’électron, les muons sont produits par la cascade de réactions déclenchées lorsqu’un flux de rayons cosmiques pénètre dans l’atmosphère terrestre et entre en collision avec les atomes qu’il rencontre. Il en résulte une pluie de muons et autres particules qui se précipite vers le sol. La vie des muons est extrêmement brève – seulement 2,2 microsecondes – ce qui semble très insuffisant pour atteindre le sol, mais la dilatation temporelle allonge leur durée de vie, ce qui  permet à un grand nombre d’entre eux d’atteindre le sol et de s’y enfoncer profondément. Ils sont alors absorbés plus ou moins vite en fonction de la densité de la matière qu’ils rencontrent.

Le but du détecteur installé sur la Soufrière de la Guadeloupe est de capter les flux de muons qui traversent le volcan et déterminer leur intensité dans différentes directions. Ces intensités sont comparées à celles que l’on obtiendrait si le sous-sol du volcan était parfaitement homogène. Les différences montrent alors les variations de densités des roches dans les directions observées, trahissant, par exemple des roches moins denses comme le magma stocké à l’intérieur de l’édifice volcanique ou des cavités susceptibles de se remplir.

Les Français ne sont pas les premiers à utiliser cette technologie en volcanologie. Déjà en 2005, les scientifiques japonais avaient quantifié la quantité de magma à l’intérieur de volcans comme les monts Asama et Iwate dans leur pays. Ils pensaient qu’une variation de niveau pourrait annoncer une éruption à court terme.

Le détecteur permettra aussi de mieux contrôler les volcans italiens. C’est « l’oeil électronique » auquel je faisais référence dans ma note du 18 décembre.