Kilauea (Hawaii / Etats Unis)

En cliquant sur ce lien, vous verrez une excellente vidéo du HVO montrant l’activité du lac de lave dans le cratère de l’Halema’uma’u. Il faut profiter de ces moments de visibilité car la bouche est souvent envahie par les gaz. On peut voir parfaitement le mouvement de convection de la lave et sa migration vers la zone de spattering (= là où elle éclabousse) où elle va replonger dans le système magmatique.

http://hvo.wr.usgs.gov/multimedia/uploads/multimediaFile-372.mov

 

Le HVO a mis par ailleurs en ligne une photo impressionnante montrant les accumulations de cheveux de Pele au bord du parking de l’Halema’uma’u, aujourd’hui interdit d’accès pour des raisons évidentes de sécurité. Le parking se trouve à l’ouest du cratère et son lac de lave, donc sous le vent qui transporte de fins lambeaux de lave très fluide qui viennent terminer leur course ici en prenant l’aspect d’andains, comme le foin dans la campagne limousine…

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S’agissant de l’activité du Kilauea, on n’observe aucune évolution majeure. Des coulées de lave peu actives sont visibles sur la plaine côtière, mais la lave n’a toujours pas la force d’atteindre l’Océan Pacifique. Il lui reste encore au moins un kilomètre à parcourir…

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Touffe de cheveux de Pele (Photo: C. Grandpey)

 

Kawah Ijen (Indonésie)

drapeau francais.jpgLe VSI indique qu’entre le début du mois d’avril et le 13 mai, l’activité sismique du Kawah Ijen a décliné régulièrement. Aucune déformation significative de l’édifice volcanique n’a été observée. Au cours de la même période, la température de l’eau du lac à 5 mètres de profondeur a diminué de 8°C.

En conséquence, le niveau d’alerte du volcan a été abaissé de 3 (Siaga) à 2 (Waspada) le 13 mai 2012. Il est toutefois recommandé aux touristes et aux mineurs de ne pas s’approcher à moins d’un kilomètre du cratère. Les populations vivant à proximité du Kawah Ijen doivent rester vigilantes car une recrudescence d’activité pourrait entraîner un débordement du lac d’acide.

 

drapeau anglais.jpgVSI indicates that between the beginning of April and May 13th 2012 the seismic activity of Kawah Ijen has been steadily declining. No major deformation has been recorded on the volcanic edifice. During the same period, water temperature at a depth of 5 metres has dropped by 8°C.

As a consequence, the alert level was lowered from 3 (Siaga) to 2 (Waspada) on May 13th 2012. However, tourists and miners are advised not to get less than 1 km from the crater. Residents close to the volcano should remain watchful as an increase in volcanic activity might involve an overflow of the acid lake.

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Aube sur le Kawah Ijen (Photo: C. Grandpey)

 

Le Monowai, volcan sous-marin du Pacifique

Au cours d’une expédition destinée à étudier l’impact des volcans sur les lignes de failles, des scientifiques britanniques ont pu observer pour la première fois la croissance puis l’effondrement rapide du Monowai, volcan sous-marin (seamount) près des Iles Tonga, dans l’Océan Pacifique.

En l’espace de deux semaines, entre le 14 mai et le 1er juin 2011, les chercheurs ont pu constater les modifications profondes subies par le Monowai  qui a été repéré pour la première fois depuis un avion en 1944. Au cours des années suivantes, son activité a été trahie par des changements de couleur de l’eau à la surface de l’océan. Entre 1978 et 2007, des études ont montré que son somment était affecté par des phases de croissance et d’effondrement.

La dernière expédition de 2011 a mis en relief la rapidité avec laquelle les transformations se produisaient. Dans un premier temps, les scientifiques ont remarqué que l’océan prenait une teinte verdâtre et que des bulles perçaient la surface, avec une odeur d’œuf pourri, sans aucun doute de l’hydrogène sulfuré (H2S), caractéristique de l’activité volcanique.

Les chercheurs ont ensuite quitté la zone pour effectuer la mission qui leur avait été confiée mais, trois jours plus tard, ils apprenaient que des capteurs sismiques sur les Iles Cook avaient détecté pendant cinq jours une violente activité dans le secteur du volcan.

A leur retour sur la zone du Monowai, ils ont été surpris de constater les changements subis par le volcan. Les instruments bathymétriques ont révélé qu’en l’espace de deux semaines, une partie du sommet avait perdu quelque 18 mètres de hauteur tandis que, dans le même temps, des coulées de lave récentes avaient créé une autre zone de près de 80 mètres de hauteur. De plus, un nouveau cône volcanique était apparu.

Pour expliquer les changements subis par le Monowai depuis 2007 (année où les dernières mesures ont été effectuées), il aurait fallu que le volcan connaisse entre 10 et 13 événements semblables à celui observé par l’expédition britannique. Cela équivaudrait à 2 ou 3 grosses éruptions par an, avec des pauses relativement longues entre chaque éruption.

Dans le rapport de la mission scientifique, on peut lire que la vitesse avec laquelle le Monowai a subi des transformations « nous rappelle avec quelle rapidité des processus géologiques tels que les glissements de terrain et le volcanisme sous-marins peuvent se produire ». De tels événements violents sont susceptibles de déstabiliser un cône volcanique, causer un glissement de terrain qui, à son tour, peut déclencher un tsunami.

Le site BBC News publie une reconstitution des fonds marins autour du Monowai :

http://www.bbc.co.uk/news/science-environment-18040658

 

Cette étude montre, si besoin était, que les fonds marins de notre planète sont largement méconnus. La Lune ou la planète Mars ont livré à l’Homme un grand nombre de secrets alors que les abysses restent largement inexplorés. Il est vrai que l’obscurité des profondeurs est beaucoup moins spectaculaire – et donc beaucoup moins médiatique! – que les cratères de la Lune ou les étendues rougeâtres et caillouteuses de Mars !

 

Popocatepetl (Mexique)

drapeau francais.jpgL’éruption du Popo continue de manière assez intense, avec des nuages de gaz et de cendre et des projections incandescentes de plusieurs centaines de mètres de hauteur.

Pour répondre à une question qui m’a été posée, je ne pense pas que l’accumulation de ces matériaux incandescents entraîne une fonte des glaciers sur les pentes du volcan mexicain. Comme l’a fait remarquer Haroun Tazieff en 1985 à propos du Nevado del Ruiz, les lahars qui ont provoqué la catastrophe n’ont pas été le résultat de la fonte de la glace sous l’accumulation de cendre, mais ils ont été déclenchés par la chaleur du magma à l’intérieur du volcan. Garouk faisait remarquer que l’on voit souvent sur l’Etna une bonne couche de neige recouverte par une épaisseur de cendre qui joue le rôle d’isolant.

S’agissant du Popocatepetl, je pense que l’activité actuelle va se produire encore quelque temps (plusieurs semaines ?) avant que le volcan retrouve son rythme habituel. Cette activité permet une libération de l’énergie qui s’est accumulée sous l’édifice. Tant que le dôme ne dépasse pas la lèvre du cratère, il n’y a pas de risque d’événement dévastateur majeur. Les explosions (qui correspondent probablement à la destruction du dôme pendant sa croissance) sont certes spectaculaires, mais leur effet est limité. Seule la cendre peut représenter un problème pour les populations qui vivent à proximité du Popo.

 

drapeau anglais.jpgThe eruption of Popocatepetl is going on in an intense way with gas and ash clouds and ejections of incandescent fragments several hundred metres high.

To answer a question someone asked me, I do not think the accumulation of these incandescent fragments may trigger dramatic glacier melting. In the case of Nevado del Ruiz in 1985, Haroun Tazieff indicated it was the heat from the volcano that caused the mudflows, not the ash. He quoted the example of Mount Etna where snow is often covered with ash that plays the role of an insulator.

As far as Popo is concerned, I think the current activity will go on for some time. It allows the volcano to release the pressure that has accumulated beneath the edifice. As long as the dome does not grow above the rim, there in no risk of a disaster. The explosions (that probably correspond to the destruction of the dome during its growth) may be dramatic but their effect is limited. Only the ash can be a trouble for the people living close to the volcano.

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Le Popocatepetl le 14 mai au matin (Avec l’aimable autorisation du CENAPRED)