Eclairs volcaniques

drapeau francais.jpgOn sait depuis fort longtemps que les éruptions volcaniques s’accompagnent d’éclairs mais ce n’est que récemment que les scientifiques ont commencé à installer des stations afin de pouvoir analyser cette activité électrique et étudier ses causes.

Au début de l’année 2009, l’augmentation de l’activité sismique sous le Mont Redoubt (Alaska) a attiré des chercheurs du Mexique et d’Alaska. Ils ont rapidement installé de petites stations équipées d’antennes VHF afin d’enregistrer les radiations émises par les décharges électriques des éclairs si une éruption venait à se produire. Deux mois plus tard, le Redoubt entrait effectivement en éruption et fournissait à l’équipe scientifique une très grande quantité d’informations.

Les chercheurs ont découvert qu’il existait une corrélation entre le nombre d’éclairs et la hauteur du panache, un phénomène qu’ils n’avaient pas été en mesure de tester auparavant car ils ne disposaient pas de suffisamment de données. Ils ont alors suggéré d’installer sur d’autres volcans, en particulier les moins accessibles, des stations VHF comme celles sur le Redoubt. Cela permettrait d’annoncer une éruption et d’avoir une idée de son importance.

Les informations recueillies ont aussi permis aux scientifiques de comprendre comment les nuages volcaniques s’électrifient selon les processus qui séparent les charges négatives et positives dans différentes régions du nuage. Comme lors des éruptions précédentes, ils ont mis en évidence deux types d’éclairs volcaniques : de petites décharges électriques au niveau de la bouche éruptive et des décharges beaucoup plus importantes plus haut dans le panache. Les deux types d’éclairs semblent avoir des origines différentes. Les décharges les plus faibles proviennent d’une électrification qui se produit quand la lave sort de la bouche et se trouve réduite en petites particules. Les éclairs dans le panache proprement dit sont probablement dus à la congélation de l’eau, phénomène qui, pense-t-on, électrifie les nuages pendant les orages. L’hypothèse de la congélation de l’eau a été confirmée par l’éruption de l’Eyjafjallajökull (Islande) en 2010. Les scientifiques ont alors découvert que les éclairs apparaissaient dans le panache uniquement lorsque la température au sommet du panache chutait en dessous de -20°C.

Le Met Office islandais a une approche différente des éclairs volcaniques : il utilise des stations situées pour la plupart en Europe et qui enregistrent les ondes radio de très basse fréquence. L’avantage de ce système est qu’il peut détecter les éclairs produits par les éruptions à plus de 10 000 km de distance alors que les systèmes VHF doivent être à proximité du volcan. En revanche, le système VHF bénéficie d’une meilleure résolution et il est capable de capter des décharges d’éclairs beaucoup plus faibles.

La meilleure solution serait probablement d’associer les capteurs VHF et les capteurs basse fréquence pour contrôler les éclairs et ainsi mettre en garde sur la présence de nuages de cendre.

Source : Nature.com.

 

drapeau anglais.jpgWe have known for a very long time that eruptions often trigger lightning storms, but researchers have only recently started to set up monitoring stations to capture that electrical activity and study its causes. In early 2009, seismic activity beneath Alaska’s Mount Redoubt provided an opportunity for a Mexican-Alaskan team. They raced to the mountain and set up four small monitoring stations with very high frequency (VHF) antennas to record the radiation from any lightning discharges. Two months later, Mount Redoubt erupted and the team was deluged with data.

The researchers found that the amount of lightning correlated with the height of the plume, something they could not test using more limited data collected previously. They suggested that VHF stations similar to the ones they installed at Mount Redoubt could be used to monitor other volcanoes, especially remote ones, to give early warning of an eruption and an estimate of its size.

The readings could also help researchers to determine how volcanic clouds become electrified through processes that separate negative and positive charges in different regions of the cloud. As in previous eruptions, the team found two different types of volcanic lightning: small bursts right at the mouth of the vent and much larger discharges higher up in the ash plume. The two may have different origins. The small bursts seem to stem from an electrification process that happens when the magma is emerging from the vent and breaking into small particles. But the lightning in the plume could relate to the freezing of water, which is thought to electrify clouds in thunderstorms. Support for the freezing hypothesis came from a study of the 2010 eruption of Eyjafjallajökull in Iceland. Scientists found that the lightning in the plume only occurs when the temperature at the top of the ash cloud dips below -20 ºC.

The Met Office uses a different approach to monitoring lightning: a network of stations located mainly in Europe that record very low frequency radio waves. The advantage of that system is that it can detect lightning from eruptions more than 10,000 kilometres away, whereas the VHF system must be within sight of the volcano. But the VHF system has much better resolution and can pick up weaker lightning discharges.

The best solution would probably be to combine both VHF and low-frequency sensors to monitor lightning and provide quick warning of dangerous ash clouds.

Source : Nature.com.

 

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Eclairs dans le panache de cendre du Chaiten (Chili) – Copyright: The Daily Mail.

 

Fuego (Guatemala)

drapeaufrancais.jpgVoici une petite vidéo montrant l’activité du Fuego pendant la nuit du 25 au 26 mai 2012. Elle a été réalisée a Alotenango. La crise éruptive a maintenant tendance à se calmer:
http://www.youtube.com/watch?v=6Z0hLMX9cUE&feature=share

drapeau anglais.jpgHere is a short video showing the activity of Fuego during the night between May 25th and 26th 2012. It was shot from Alotenango. The current eruptive crisis is now declining:
http://www.youtube.com/watch?v=6Z0hLMX9cUE&feature=share

Volcans du Kamchatka (Russie)

drapeau francais.jpgL’activité tantôt explosive, tantôt effusive du Shiveluch et du Karymasky se poursuit. Le niveau d’alerte est maintenu à la couleur Orange pour ces deux volcans. Comme précédemment, le KVERT indique que des explosions peuvent se produire à tout moment et affecter le trafic aérien international.

La couleur du niveau d’alerte est Jaune pour le Bezymianny, le Gorely et le Kizimen. Elle est Verte pour les autres volcans du Kamchatka.

Le temps était clément ces derniers jours au Kamchatka. Voici une belle vue du Klyuchevskoi le 23 mai au matin.

 

drapeau anglais.jpgExplosive-extrusive-effusive eruption of Shiveluch and Karysmsy continues. The alert level for both volcanoes is Orange. KVERT indicate that ash explosions up to 6-10 km a.s.l. could occur at any time. Ongoing activity could affect international and low-flying aircraft.

The alert level is Yellow for Bezymianny, Gorely and Kizimen and Green for the other volcanoes.

The weather has been clear over the past days. Here is a nice view of Klyuchevskoy on May 23rd in the morning.

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(Avec l’aimable autorisation du KVERT)

 

Fuego & Santiaguito (Guatemala)

drapeau francais.jpgLa crise éruptive du Fuego le 19 mai a été violente mais brève. Le 20 mai, le volcan émettait seulement des panaches de cendre d’environ 500 mètres de hauteur. Le lendemain, la couverture nuageuse a caché le volcan mais des explosions, des grondements et des rugissements de dégazage ont été perçus par la population. Le 22 mai, les explosions généraient des panaches de cendre qui montaient jusqu’à 1 km au-dessus du cratère avant de s’étirer vers le S et le SE sur une dizaine de km. On pouvait encore percevoir des grondements et des ondes de choc. Les coulées de lave n’avancaient plus et la seule incandescence visible était celle des avalanches de blocs.

Toutefois, depuis le 25 mai, on observe une forte intensification de l’activité. Des écoulements pyroclastiques sont toujours fréquemment observés dans plusieurs ravines. Au sommet les explosions projettent blocs à plus de 300 mètres de hauteur, avec des panaches de cendre jusqu’à 2 km de hauteur. Des retombées de cendre ont été observées à Sangre de Cristo et San Pedro Yepocápa.
Source : CONRED.

 

Le 21 mai, un lahar s’est engouffré dans le couloir du Rio Nima II sur les pentes du Santiaguito, emportant avec lui des branches d’arbres et des blocs pouvant atteindre 40 cm de diamètre. Le 22 mai, les explosions au sommet du dôme Caliente produisaient des panaches de  900 mètres de hauteur avant d’être emportés par le vent sur une dizaine de km. Des retombées de cendre ont été observées dans les secteurs de San Felipe (15 km SSO), El Nuevo Palmar (12 km SSO), ainsi que sur le versant E du volcan.

Source : INSIVUMEH.

 

drapeau anglais.jpgFuego‘s eruptive crisis of May 19th was short-lived and May 20th a few explosions only generated ash plumes that rose 500 metres above the crater. The next day cloud cover prevented observations; however explosions, rumbling, and degassing sounds were reported. On May 22nd, explosions generated ash plumes that rose as high as 1 km and drifted 10 km S and SE. Rumbling was heard and shock waves were detected. The lava flows were inactive and only incandescence from block avalanches was observed.

However, since May 25th, there has beeen a strong intensification of activity. Pyroclastic flows are frequently observed in several drainages. At the summit, explosions eject blocks more than 300 metres high, with ash plumes that can rise up to 2 km. Ashfall has been observed inSangre de Cristo and San Pedro Yepocápa.
Source: CONRED.

 

On May 21st, a lahar traveled down Santiaguito‘s Rio Nima II drainage, carrying tree branches and 40-cm-wide lava blocks. On May 22nd, explosions produced ash plumes that rose 900 metres above the Caliente dome and drifted 10 km. Ashfall was reported in San Felipe (15 km SSW), El Nuevo Palmar (12 km SSW), and areas on the E flank.

Source: INSIVUMEH

 

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Avec l’aimable autorisation de l’INSIVUMEH.