Volcans et infrasons

On peut lire sur le site de ScienceDaily (http://www.sciencedaily.com/) un article qui explique qu’un géophysicien de l’Université de Pusan en Corée du Sud a enregistré et analysés les sons émis par des volcans basaltiques, ce qui – selon lui – devrait permettre aux scientifiques de « mieux comprendre le comportement des volcans et servir d’outil pour contrôler le cycle de vie des éruptions ».

Il faut signaler que ce n’est pas la première fois que le monde la science s’intéresse aux sons basse fréquence et autres infrasons émis par les volcans. Le géophysicien coréen a concentré ses travaux sur le Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion), volcan laboratoire par excellence où il est facile de tester de nouvelles techniques.

En étudiant les principales sources d’infrasons pendant les éruptions, le chercheur a découvert que les poches de gaz prisonnières du magma s’amenuisaient au cours de l’éruption jusqu’à disparaître à la fin de celle-ci. Ce phénomène s’explique par la faible viscosité et la faible teneur en gaz du magma basaltique. Lorsque le magma circule du réservoir vers la surface, le gaz en suspension commence à se dilater. Cette dilatation produit des profils infrasons particuliers. Une fois que le magma a atteint la surface et est soumis à la seule pression atmosphérique, il peut s’échapper, souvent sous forme de bulles.

Pour effectuer son travail, le scientifique a utilisé des microphones à condensateurs ainsi que des microbaromètres (capteurs dédiés aux mesures de faibles pressions infrasonores dans l’atmosphère, avec une bande de fréquences < 20 Hz) pour détecter les sons émis lors des émissions de gaz. Il a ensuite établi une corrélation entre ce profil sonore et les observations de gaz volcaniques qui s’échappaient de bouches à l’intérieur et autour du cratère. Il s’est rendu compte que les infrasons permettent de déterminer avec précision le début et la fin d’une éruption.

Il ne fait aucun doute que ce genre d’étude est très utile pour comprendre le comportement d’un volcan comme le Piton de la Fournaise à un moment donné, mais que son utilité est très limitée dans le cadre de la prévision éruptive qui reste, à mes yeux, l’un des points faibles de la volcanologie à l’heure actuelle.

 

Popocatepetl (Mexique)

drapeau francais.jpgSelon les derniers bulletins du CENAPRED, l’activité du Popo semble marquer le pas, tant au niveau du nombre de panaches éruptifs que de la sismicité, en baisse elle aussi. La couverture nuageuse a toutefois empêché de faire de bonnes observations au cours des dernières heures. A noter que l’aéroport de Puebla a dû être fermé mardi pendant 14 heures à cause de la cendre sur les pistes. Sa réouverture était prévue hier mercredi.

D’après la presse mexicaine, l’aéroport de Puebla a de nouveau été fermé jeudi pour les mêmes raisons.

 

drapeau anglais.jpgAccording to CENAPRED’s latest reports, activity at Popocatepetl is currently decreasing. There are fewer plumes and seismicity is declining too. However, thick clouds on the summit prevented good observations during the past hours. Puebla airport had to be closed 14 hours on Tuesday  because of the ash on the runways. It was due to open on Wednesday.

According to the Mexican press, Puebla airport was again closed on Thursday for the same reasons.

 

 

Séismes et volcans

Lors de mes interventions en public, on me demande souvent s’il existe un lien entre les séismes et les volcans. Cette question m’a été posée à plusieurs reprises au moment du tremblement de terre (M 9) de Fukushima le 11 mars 2011. S’agissant de ce dernier événement, je n’ai pas relevé de modification dans le comportement des volcans nippons. Plusieurs sont pourtant actifs ou potentiellement actifs et aucune éruption majeure n’a eu lieu après le désastre de Fukushima. Le Sakurajima a connu ses explosions habituelles, mais rien de vraiment extraordinaire.

Plusieurs régions du globe où l’on enregistre régulièrement des séismes hébergent des volcans. C’est le cas du Chili, de l’Indonésie ou encore du Vanuatu, liste à laquelle on pourrait ajouter la Sicile.

En 2008 (si ma mémoire est bonne !), des scientifiques britanniques avaient cru déceler un lien entre séismes et éruptions volcaniques au Chili. Pas impossible, mais il faudrait d’autres exemples ailleurs dans le monde pour affirmer une telle relation. Autant que je me souvienne, des éruptions majeures comme celle du Mont St Helens en 1980, du Pinatubo en 1991 ou encore du Merapi en 2010 n’ont pas été précédées de forts séismes.

Mon ami Claude Blot, directeur de recherches à l’ORSTOM, aujourd’hui disparu, avait réalisé une étude à ce sujet dans le sud-ouest Pacifique où il avait cru déceler une relation entre des séismes profonds et le déclenchement d’éruptions quelques semaines plus tard. Il avait appliqué les résultats de ses recherches au Stromboli, mais ça ne marchait pas toujours ! Vous trouverez un résumé de son travail à cette adresse :

http://horizon.documentation.ird.fr/exl-doc/pleins_textes/pleins_textes_5/b_fdi_31-32/32961.pdf

 

Pour résumer la situation, on peut dire qu’un séisme tectonique se produit très souvent sans effet majeur sur l’acticité volcanique. En revanche, quand une éruption volcanique se produit, on enregistre inévitablement à un moment ou un autre une hausse de l’activité sismique. La montée du magma produit des fracturations de roches parfaitement visibles sur les sismogrammes. Cette activité sismique liée à une éruption peut provoquer des dégâts aux localités situées sur les pentes du volcan, comme ce fut le cas, par exemple, en octobre 2002 sur l’Etna où des effondrements d’édifices ont été observés à Santa Venerina. De plus le tremor (vibrations continues au niveau du volcan) s’intensifie lui aussi. Pour vous en rendre compte, je vous invite à vous connecter sur le site de l’INGV au moment d’un paroxysme de l’Etna: http://www.ct.ingv.it/index.php?option=com_wrapper&view=wrapper&Itemid=202&lang=it

S’agissant du volcan sicilien, il n’a jamais été fait état de lien entre les séismes destructeurs qui ont frappé Messine en décembre 1908 et une activité éruptive du Montgibello.

 

De nouvelles études permettront probablement de mieux cerner ce sujet au cours des années à venir.

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Conséquences sismiques de l’éruption de l’Etna en octobre 2002 sur la région de Santa Venerina
(Photos: C. Grandpey)

 

Le refroidissement de la lave à Hawaii

drapeau francais.jpgVous trouverez un nouveau document dans la colonne de droite de ce blog. Il s’agit du résumé d’une étude sur le refroidissement de la lave que j’ai effectuée sur le Kilauea à Hawaii pour le compte du HVO et du Parc des Volcans. Le texte est en anglais. J’ajouterai la version française d’ici quelques jours.

De plus, suite à mes visites sur Big Island au cours des 15 dernières années, j’ai réalisé un CD intitulé « Kilauea, le Feu de la Terre (1996-2011) »avec 100 photos du Kilauea présentées sous forme de diaporama. On y voit, entre autres, la caldeira du Kilauea, l’Halema’uma’u avant et après l’ouverture du pit crater, le cratère du Pu’uO’o, le lac et les coulées de lave… Son prix est de 10 euros.

Si ces images vous intéressent, n’hésitez pas à me contacter par courrier électronique: grandpeyc@club-internet.fr

 

drapeau anglais.jpgYou’ll find a new document in the right-hand column of this blog. It is the abstract of a study about the cooling process of lava I performed on Kilauea on behalf of HVO and the National Park. It is written in English. I will add the French version in the next few days.

Besides, further to my visits to Big Island during the past 15 years, I’ve made a CD entitled « Kilauea, le Feu de la terre (1996-2011) » with 100 photos of Kilauea presented as a slide show. One can see, among others, the Kilauea caldeira, Halema’uma’u before and after the opening of the pit crater, Pu’uO’o, the lava pond and lava flows… The price of the CD is 10 euros.

If you are interested in these images, please send me an e-mail: grandpeyc@club-internet.fr

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(Photo: C. Grandpey)