Kelud (Ile de Java / Indonésie)

03ef6fb55a1d2dcf71d15ea7bc888650.jpgD’après les volcanologues indonésiens, l’ « île » qui est apparue dans le cratère du volcan est constituée d’un magma récent qui a réussi à se frayer un chemin dans les fractures qui parcourent l’ancienne lave de l’éruption de 1990. Ce nouveau magma a formé un dôme de 70 mètres de hauteur en 150 mètres de diamètre.
Le dôme a commencé à s’édifier samedi soir, alors que les volcanologues quittaient précipitamment leurs postes d’observation car ils pensaient qu’une grosse éruption était en train de commencer. Selon eux, il s’agit d’une « éruption effusive », c’est-à-dire que l’énergie se libère progressivement et n’est pas suffisante pour pulvériser le magma de l’éruption de 1990.
Source: The Jakarta Post.

ca4031445a4ce12a4080f26f49e14219.jpgAccording to Indonesian volcanologists, the “island” that has risen from the crater of the volcano consists of new lava that has gradually been coming out through the cracks in the old lava from the 1990 eruption and created a new lava dome which is now 70 metres high and about 150 metres in diameter.
The dome first appeared on Saturday night, when volcanologists mistakenly thought a large eruption was occurring so they abandoned their posts. They say the volcano has been making an ‘effusive’ eruption, meaning the energy release has been gradual and not strong enough to tear through the magma left behind after the last eruption.
Source: The Jakarta Post.

Première neige sur le Mauna Kea (Hawaii / Etats Unis)

e2ea1dfd02d48cbd8d25048daf735364.jpgAlors que l’éruption du Kelud se fait toujours attendre, la presse hawaiienne fait son gros titre aujourd’hui sur la première chute de neige sur le Mauna Kea qui a reçu jusqu’à 10 centimètres de poudreuse, obligeant à la fermeture de la route qui monte au sommet. Il était impossible hier de monter plus haut que 3900 mètres à cause du verglas et des congères qui pouvaient atteindre plus d’un mètre de hauteur.
Alors que la température au sommet était tout juste de 2 ou 3°C; les rivages du Pacifique bénéficiaient, eux, d’une bonne vingtaine de degrés.
Source : Hawaii Tribune Herald.
Moins exceptionnel: le sommet de l’Etna est lui aussi blanchi par la neige. Le mauvais temps sévit depuis plusieurs jours en Sicile, avec de sérieuses perturbations dans les liaisons maritimes avec les Iles Eoliennes.

248eaf04b0c74d00873ddc1d6b8944e9.jpgWhile everybody is still waiting for Mount Kelud’s eruption, the headline of the Hawaiian press today was about the first snow that has just fallen on Mauna Kea. Up to four inches of snow fell on the summit area, forcing closure of the road leading to the top of the volcano.
Yesterday, it was impossible to drive above 3,900 m a.s.l. because of the ice and the snowdrifts which could be more than one metre high.
While temperatures at the summit were barely above 0°C, warmer weather could be found along the island’s ocean beaches, where thermometers registered 20°C or more.
Source : Hawaii Tribune Herald.
Not so exceptional: The summit of Mount Etna is white with snow as well. The weather has been very bad in Sicily over the past few days with problems in the sea links with the Aeolian Islands.

Des barrages sur le Kelud (Ile de Java / Indonésie)

549e3224720820b40c4bc32fdc6c4cbd.jpgD’après une chaîne de télévision de Boston (Massachusetts), des ouvriers s’empressent de terminer la construction de plusieurs barrages destinés à ralentir le cours des lahars dans le cas où une violente éruption ferait se vider le lac présent dans le cratère.
Des barrages en béton de 20 mètres de haut et de 6 mètres d’épaisseur sont en construction depuis plusieurs mois, en espérant qu’ils empêcheront les torrents de boue de s’abattre sur les villages. Six barrages de ce type ont été construits autour du cratère.
Si une éruption devait se produire pendant la construction, les ouvriers iraient se réfugier sur une route au-dessus des chantiers. Actuellement, quelque 70 hommes travaillent sur un tel projet dans la vallée de la rivière Lekso, à une dizaine de kilomètres du cratère.

993a0ead9de7a89af8a61ddae559ec3a.jpgAccording the a Massachusetts TV channel, workers are rushing to complete a system of dams on the volcano, in case an eruption should empty the crater lake and send a lahar down its slopes.
Cement dams up to 20 metres high and 6 metres thick have been under construction for several months to channel the possible hot mud flows away from villages. Six such dams are being constructed around the crater. »
If the volcano erupts while construction is under way, workers will rush to a nearby elevated road for safety. Around 70 men are operating machinery and pouring cement at the project in the Lekso River valley, about 10 km from the crater.

Réflexions volcaniques

La confusion qui règne en ce moment autour de l’éruption (ou la non éruption !) du Kelud est intéressante à plusieurs titres et suscite un certain nombre de réflexions.
Même si l’Indonésie n’est pas aussi bien équipée en instruments de mesure que d’autres contrées du monde (Hawaii par exemple), on se rend compte que les sismographes, thermocouples et autres tiltmètres installés sur le volcan n’ont pas permis d’établir un état des lieux fiable et susceptible de servir de point de repère à une opération d’évacuation de la population. Comme je l’indiquais précédemment, il est clair que l’évacuation des pentes du Kelud a été décrétée trop tôt, même si on ne peut pas vraiment reprocher aux autorités indonésiennes d’avoir usé du principe de précaution.
Cette évacuation trop précoce génère forcément des problèmes dans les camps de réfugiés. D’une part, il n’est pas évident de faire admettre aux gens qu’ils doivent rester aussi longtemps loin de leurs maisons et de leur travail. Quand on sait l’importance que revêt le travail des champs en Indonésie, la situation est encore plus difficile à gérer. Plus l’évacuation sera longue, plus les gens auront tendance à quitter les camps, avec tout le risque que cela comporte en cas d’éruption soudaine du volcan. D’autre part, s’agissant des camps proprement dits, il faut ajouter les problèmes sanitaires qui risquent de s’amplifier si l’évacuation dure trop longtemps.
L’alerte sur le Kelud révèle un autre point important : Beaucoup de gens refusent de quitter leurs habitations pour rejoindre les abris temporaires. En dehors de l’armée, de nombreux volontaires ont été engagés par les autorités locales indonésiennes ; leur rôle est d’aller convaincre les paysans du danger et de leur demander de ne pas rester chez eux. Or, dans de nombreux cas, comme le souligne le Jakarta Post du 5 novembre, les volontaires se voient opposer un refus catégorique, parfois sous la menace.
Ma dernière note insistait par ailleurs sur les intérêts politiques ou privés qui peuvent venir se greffer sur une telle situation d’urgence. Ce n’est pas une nouveauté et on avait déjà pu s’en rendre compte en 1985 lors de la catastrophe d’Armero en Colombie par exemple. La proximité d’élections en particulier peut jouer un rôle déterminant dans la prise de décisions des gouvernants.
Certes, l’Indonésie n’est pas l’Europe ou les Etats-Unis. La mentalité des gens est très différente. Les notions de vie et de mort n’ont rien à voir avec celles que nous connaissons. Toutefois, je suis certain de les problèmes que je viens d’énumérer ne manqueront pas d’apparaître le jour où un volcan comme le Vésuve entrera en éruption. A ce moment-là, ce ne sont pas 130 000 personnes qu’il faudra évacuer, mais des centaines de milliers. Les scientifiques européens seront-ils en mesure de faire mieux que leurs homologues indonésiens ? Ce n’est pas sûr ! Comme me le confiait il y a quelques années Franco Barberi, alors responsable de la Sécurité Civile italienne : « Si je donne l’ordre d’évacuer et qu’il ne se passe rien, on me prend pour un imbécile ; si je ne fais pas évacuer et qu’une catastrophe se produit, je vais en prison!»