La situation n’a pas évolué depuis hier. Les scientifiques indonésiens ne comprennent pas trop pourquoi le Kelud n’est pas encore entré en éruption. Selon eux, l’énergie accumulée sous le volcan est au moins trois fois supérieure à ce qu’elle était en 1990 lors de la dernière éruption. La température du lac dans le cratère atteignait 76°C dimanche, soit une hausse de plus de 25° en 24 heures.
Cela fait quand même près de trois semaines que plus de 130 000 personnes ont reçu l’ordre d’évacuer les villages se trouvant à portée des fureurs du Kelud. On peut donc se demander aujourd’hui si l’évacuation de cette population n’a pas eu lieu trop tôt. En 1990, il s’était écoulé plusieurs mois entre les premiers signes précurseurs et l’éruption.
Il y a aussi de fortes chances pour que le problème soit politique…Quand l' »éruption » du volcan de boue de Sidoharjo s’est déclenchée l’année passée, on a reproché au président indonésien de s’être intéressé trop tardivement aux sinistrés. Les élections approchent et le président a peur qu’on lui reproche la même chose avec le Kelud, ce qui le pousse à une prudence peut-être excessive.
D’autre part, lors de l’éruption du Merapi, on a vivement reproché au responsable du MVO de Yogjakarta la mort de deux personnes dans la nuée ardente du 14 juin, ce qui lui a coûté cher dans la course au poste de directeur du CVGHM (nouvelle appellation du VSI) dans laquelle il partait favori. Le nouveau directeur ne veut pas qu’on lui reproche la même chose, d’où une décision d’évacuation peut-être trop rapide.
On soupçonne aussi les scientifiques de lancer des informations alarmistes pour inciter les réfugiés à rester dans les abris temporaires. L’annonce d’une éruption fait peut-être partie de cette « stratégie »…